
Eve grozinger, photographe plasticienne aborde la photographie comme un territoire d'absences, un lieu où l'émulsion et la matière parlent de ce qui n'est plus tout à fait, et qui pourtant affleure. Dans son travail, elle éprouve le sens de son histoire familiale et de ses origines juives. La photographie lui permet d'investir le champ de sa culture qu'elle définit comme bancale, et qui pourtant lui suggère au travers de ses vides et silences un devoir de mémoire.
Son travail d'écriture avec la lumière se confronte à l'interdit de la représentation, il raconte ce qui est de l'ordre de l'indicible et du "voilé": le lien photographe photographié, la filiation.
Ses images sont incrustées dans des matériaux récupérés, façonnés par la main de l'homme. Elle veut rétablir l'aspect tactile, le contact, l'empreinte, là où l'acte de photographier implique retrait et distance.